Le chateau d'eau

L’eau :

Les problèmes d’alimentation en eau ont toujours été un point noir pour le village de Lauret. Après les inondations et les gelées, Lauret aura à souffrir de grandes sécheresses comme en 1825, 1874, 1893, 1906, 1913.

L’unique « pile » (fontaine) du village (il faut savoir que le village à l’époque se serrait autour du Plan de l’église) se situait au bord de la rivière du Brestalou. Mais cette dernière, faute de finance par l’emploi du « piéton » se dégradait avec le temps.

Le 12 mars 1894 les 128 habitants réclament donc réparation et aménagement du puit qui alimente le village :« Il faudrait creuser le puit de 2m de plus.. »


Puit communal  (2020)

Même si la consommation était loin de ce qu’elle représente aujourd’hui, les Laurétains en avaient grand besoin pour leur consommation familiale, l’arrosage de nombreux jardins et pour abreuver leurs animaux, bien que le bétail aille directement à la rivière engendrant d’autres problèmes sanitaires.
Rappelons qu’avant les tracteurs à essence, la force motrice était animale.
Nous avions à Lauret en 1887 : 38 chevaux, mules ou mulets, 2 bœufs, 50 porcs, 400 brebis et 15 chèvres, 150 lapins et 630 volailles.

C’est pourquoi, le 5 aout 1900, le projet d’alimentation en eau potable du village par la source de la Foux est évoqué.
Il faudra attendre encore 3 années pendant lesquelles de nombreuses discussions sur le lieu du captage échauffent les esprits.
Le 26 avril 1904 il est décidé que l’adduction se fera bien par captage à la source de la Foux en accord avec son propriétaire Mr Calvet. 

Le 24 juillet 1904 les frères Doumergue (Maréchal Ferrand) ferment leur puit au frais de la Mairie moyennant une concession d’eau perpétuelle.
Le 29 octobre 1905 le village fête l’inauguration des bornes publiques en fonte, avec manivelle au sommet ou bouton pressoir.
En 1907 le village se dote d’un château d’eau, au pied duquel vous êtes assis.
Il est construit en point haut du village originel sur un terrain vendu par Louis Dusfour.
C’est une belle construction en pierres, qui alimente les 4 bornes fontaines du village grâce à un moteur à vent.
La surveillance des fontaines et le graissage du moulin à vent sont mis à soumission.

En 1909 le hameau du Soulier sera lui aussi raccordé alors que jusqu’à présent ses 16 habitants allaient chercher l’eau dans un bassin au bas du hameau dont l’eau provenait d’une source captée sur le haut du ruisseau Favarel.
A partir de l’installation des fontaines, le puit communal n’est utilisé que pour l’arrosage des jardins, comme aujourd’hui encore.
On peut y voir une belle sortie d’eau en fonte représentant une gargouille stylisée.

L’institut Buisson Bertrand, reconnu d’utilité publique auprès duquel le village est abonné dès 1918, permet à la commune de bénéficier de l’analyse gratuite de l’eau. Il ressort que les prélèvements à la fontaine ou au robinet sont souillés par des bactéries animales et donc impropre à la consommation alors que prélevée à la source en hiver elle s’avère potable.

Les habitants des « Ecarts », se débrouillent avec leur puit ou leur source particulière.

 captage d’une source privée (2020)

 

Puit particulier (2020)   

 

  captage d’une source privée avec bassin (2020)

Le village s’agrandi depuis quelques années avec le quartier de la « Ville haute » et celui de la Mairie. Les fontaines ne débitent pas assez. Maintenant 5l/seconde sont nécessaire.
Le 2 mars 1924, Mr Malleville propose que le captage qui se fait chez lui au moulin de La Foux soit réalisé avec des tuyaux d’acier jusqu’à la bergerie neuve où sera construit un réservoir raccordé au château d’eau existant.
Il s’engage à offrir terrain et droit de passage au bénéfice de la commune, contre une concession d’eau gratuite et perpétuelle de 3m3 par jour pour son habitation du « Plan du Château ». (lire banc connecté Mairie)
Le projet est lancé et la recherche de subventions aussi : le Pari mutuel, le Conseil Général et les prêteurs privés sont sollicités.
La commune demande un décret d’utilité publique pour cette conception.
En juin 1926 « les propriétaires et usagers de l’eau du Brestalou alimentés par la source de la Foux, s’engagent à ne pas demander d’indemnités à la commune pour le prélèvement de 5 litres par seconde pour l’adduction d’eau communale. »
Les bornes fontaines type « Bayard » sont pourvues d’un raccord incendie et munies d’un volant à tourner, en partie supérieure.
Une colonne de sulfatage est installée face à la fontaine sur la place d’en haut. (devant le foyer actuel).
Mais les travaux de captage sont emportés par une crue et il faudra 7 longues années pour que tout soit réalisé.
Entre temps les propriétaires demandent une concession particulière. Elles sont refusées en 1929, mais les premières de 80m3 sont acceptées en 1932 à charge pour eux d’exécuter les travaux de raccordement.

En 1942 c’est la sècheresse ; la source n’est plus alimentée ; les fontaines sont fermées la nuit et ouvertes 1h le matin et 1h l’après-midi.
En 1945, Marcel Miolane demande « à se raccorder directement sur le bassin, à ses frais, pour son domaine de La Plaine, car l’été à la saison sèche, il vient à Lauret avec un homme et un cheval pour en charrier.» Il obtient satisfaction en 1947.
En 1950 l’eau est installée au presbytère dont les logements sont loués par la commune.

Pendant des années, le club spéléologique de Montpellier viendra réarmer la pompe immergée dans les profondeurs de la source du Brestalou, jusqu’au raccordement du village par la SAUR (Société d’Aménagement Urbain et Rural) dans les années 2000.